Les amis de LO en Mayenne

Blog des amis de Lutte Ouvrière en Mayenne avec toutes les infos locales

lundi 4 janvier 2010

Il n’y a pas de vaccin contre la pandémie dont crève la société

Le gouvernement français essaie donc de bazarder une partie au moins des stocks de vaccins contre la grippe A qu’il a sur les bras. Sur les 94 millions de doses achetées, à peine 5 millions ont été utilisées.

En bons VRP pourtant, plusieurs ministres se sont succédé depuis l’été pour expliquer à quel point il était vital de se faire vacciner. Une explication utile, peut-être, mais qu’y avait-il derrière ? Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, avait même convoqué les caméras pour immortaliser sa propre vaccination ! Passons sur le fait que celles et ceux qu’on invitait à se faire vacciner ont souvent eu droit à plusieurs heures de queue devant les salles de sport transformées en dispensaires, tant il y avait de pagaille dans l’organisation de la vaccination.

Depuis le début de cette affaire, un certain nombre de scientifiques se sont élevés contre ce tapage gouvernemental et le coût que l’achat de ces doses de vaccin à représenté. 869 millions d’euros, l’équivalent du déficit de l’ensemble des hôpitaux publics.

Le gouvernement se défend en invoquant le “principe de précaution”. Et d’affirmer que lorsque la commande a été passée, on ignorait si cette forme de grippe était grave ou pas, et on ne savait pas bien s’il fallait deux doses ou si une seule suffisait.

“Principe de précaution” ? Mais nombre de sommités médicales rappellent que cette somme consacrée à une maladie dont on ignorait la gravité dépasse, et de loin, le budget alloué pour cinq ans au Plan cancer, c’est-à-dire à la recherche pour soigner une maladie dont on connaît la gravité.

“Principe de précaution” ? Comme si ce gouvernement se souciait à ce point du sort de la santé de la population ! Toutes ses réformes concernant la santé visent à diminuer l’accès des classes populaires à des soins convenables. Où est le “principe de précaution” lorsqu’on supprime des hôpitaux ou des maternités de proximité ? Où est-il lorsqu’on réduit le personnel hospitalier ? Où est-il lorsqu’on diminue les remboursements, de soins comme de médicaments, et qu’on augmente le forfait hospitalier ? Le gouvernement se moque de l’accès aux soins de ceux qui n’ont pas d’argent.

Alors, si “principe de précaution” il y a eu dans cette affaire, il ne concernait pas les malades, mais le profit des laboratoires pharmaceutiques. Les quatre trusts de l’industrie pharmaceutique qui ont vendu au gouvernement français les 94 millions de doses de vaccin contre la grippe A, ont de quoi se frotter les mains. Ils continuent d’ailleurs à produire à plein régime car ils n’ont livré qu’environ la moitié de la quantité achetée par le seul gouvernement français. Le pic de la grippe est peut-être passé, mais elle continue à produire du profit. Bien sûr, on peut se dire que gaspillage pour gaspillage, il vaut mieux gaspiller dans le domaine de la santé que d’aider à fonds perdus les banquiers. Mais l’un n’empêche pas l’autre !

Lorsque le gouvernement a débloqué des dizaines de milliards pour les banquiers, il a prétendu que c’était pour sauver le système bancaire, c’est-à-dire l’économie mondiale. Lorsqu’il a versé des milliards aux patrons et actionnaires des grandes entreprises de l’automobile, il a prétendu que c’était pour sauvegarder des emplois. Le virus A est arrivé à point nommé pour servir de prétexte à un coup de main à l’industrie pharmaceutique, alors que tant d’autres maladies, à commencer par le paludisme, font des millions de victimes dans le monde, chaque année.

Les raisons invoquées varient mais la préoccupation reste la même : comment aider les grands groupes capitalistes à maintenir leurs profits et à enrichir leurs actionnaires malgré la crise.

Ces grands trusts qui dominent la vie économique et dont les gouvernements ne sont que les serviteurs politiques vivent en parasites sur la société, avec l’aide ou par l’intermédiaire de l’État.

La capacité de nuisance du virus H1N1 est sans commune mesure avec le parasitisme de ces grands trusts. Et il ne s’agit pas d’un phénomène saisonnier mais d’une grave maladie sociale dont la société ne pourra se débarrasser que par l’expropriation de ces trusts. Ce qui signifie mettre fin à tout ce sur quoi repose leur pouvoir social : la propriété privée des moyens de production, l’économie de marché et le capitalisme.

Arlette Laguiller

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vendredi 25 décembre 2009

Derrière la menace écologique, les méfaits d’un système économique

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Cent trente chefs d’État et de gouvernement étaient réunis à Copenhague avec la prétention de “sauver la planète” par un accord limitant les émissions de gaz à effet de serre dont l’accumulation conduit à un réchauffement de la planète en menaçant de catastrophes écologiques. Mais le grand cirque médiatique de Copenhague a fait un flop. Venus pour se donner une image d’écologiste -l’écologie étant à la mode-, les grands de ce monde sont rentrés bredouilles, mise à part une déclaration lénifiante qui n’engage à rien.

L’échec n’empêche pas Sarkozy de se poser en héros de l’écologie se battant seul, ou presque, contre ces goliaths de la pollution que sont les États-Unis et la Chine. Mais il n’est pas plus convaincant dans le rôle de sauveur de la planète que dans celui de sauveur du pouvoir d’achat !

Les écologistes, déçus, déplorent l’inexistence d’une “gouvernance mondiale” capable d’imposer à tous les États un minimum de réglementation pour limiter la pollution. Eh oui, le morcellement de la planète en une multitude d’États aux intérêts contradictoires rend l’humanité incapable de prendre des mesures indispensables qui soient contraignantes pour tous les États, y compris pour les plus puissants qui sont en même temps ceux qui polluent le plus !

Mais il n’y a pas que les “égoïsmes nationaux”.

Les grands États occidentaux, les États-Unis, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la France et quelques autres, ont développé leur industrie en polluant depuis une époque où la Chine ne pouvait même pas songer en avoir une. Comment pourraient-ils se mettre d’accord sur des mesures véritablement contraignantes contre les groupes industriels ? Ils n’en prennent pas chez eux, là où il n’y a pas besoin d’une entente internationale.

Total a pu polluer impunément les côtes bretonnes et vendéennes. Et, dans l’explosion de l’usine AZF à Toulouse qui a fait 31 morts, les dirigeants du trust n’ont même pas été poursuivis !

Bhopal, en Inde, a commémoré le vingt-cinquième anniversaire de l’une des plus grandes catastrophes industrielles. Entre 4 000 et 6 000 morts de l’émanation d’un gaz toxique, des dizaines de milliers d’invalides. Aujourd’hui encore, des enfants continuent à naître avec de graves malformations car rien n’a été fait pour nettoyer le sol et le sous-sol. Ni l’État indien ni l’État américain n’ont contraint Union Carbide à réparer les dégâts dont elle est responsable, au moins là où ça pouvait l’être. Ni même à indemniser toutes les victimes. Pendant que Bhopal reste un charnier, les actionnaires d’Union Carbide, intégrée depuis dans le plus puissant trust de chimie du monde, Dow Chemical, continuent à encaisser leurs dividendes !

Ces trusts qui, pour augmenter leurs profits, n’ont que faire des hommes ni de la nature ni de la planète, ne feront de l’écologie que là et lorsque cela leur rapportera plus de profits. Face à ces trusts, les dirigeants politiques ne sont que des pantins dont la fonction est de justifier tout ce qui se fait au nom de la “compétitivité” et du profit.

On nous parle de millions d’êtres humains qui pourraient être menacés par le changement de climat provoqué par la pollution. À juste raison. Mais des millions de personnes, les mêmes ou d’autres, sont menacées à bien plus brève échéance tout simplement par les conséquences de la crise économique où la nature n’est pour rien. Même sur le continent européen, plusieurs centaines d’êtres humains sont morts depuis le début de l’hiver. Morts de froid ? Morts surtout de ne pas avoir un logement, morts pour avoir été jetés à la rue ! Et, dans les pays pauvres, la faim tue chaque fois que la spéculation fait s’envoler les prix des produits alimentaires.

Alors, ceux qui dirigent ce monde, ceux qui en sont les bénéficiaires, ne sont pas seulement des incapables. Ils sont malfaisants. Tant que ce système se perpétuera, l’écologie se réduira au mieux à du bavardage impuissant, quand elle n’est pas seulement un discours à la mode pour se faire élire.

Le principal péril dont il faut sauver la planète, c’est le capitalisme. Toutes les autres menaces en découlent. L’humanité ne pourra prendre en main sa vie économique et la diriger consciemment pour satisfaire les besoins de tous, tout en préservant la planète, qu’en expropriant les groupes capitalistes et en mettant fin au règne du marché, de la concurrence et du profit.

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samedi 19 décembre 2009

C’est leur dette mais c’est à nous qu’ils voudraient la faire rembourser

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Après l’émirat de Dubaï, voici un autre État qui est menacé de faillite. Cette fois, il s’agit de la Grèce, un État de l’Union européenne, qui plus est de la zone euro. C’est que l’État grec est endetté jusqu’au cou. Les banquiers et les organismes financiers commencent à s’inquiéter de la capacité de l’État grec à rembourser ses dettes.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la Grèce n’est pas le seul État endetté jusqu’au cou. Tous les États le sont, même les plus grands et les plus puissants, à commencer par les États-Unis. Ils l’étaient déjà avant la crise financière actuelle. Mais les sommes colossales dépensées par tous les États pour sauver la mise à leurs banquiers et aux actionnaires des grandes entreprises confrontées au recul de leurs marchés, les ont obligés à multiplier les emprunts et donc à s’endetter toujours davantage.

Comme dit l’adage, on ne prête qu’aux riches, et avec un même niveau d’endettement, les États pauvres ont plus de mal à continuer à emprunter que les États riches, et ils doivent payer des intérêts plus élevés. D’autres États de l’Union européenne, l’Irlande, le Portugal et même l’Espagne, seraient en train de suivre la Grèce sur la liste des pays considérés comme mauvais payeurs.

Mais, derrière cette première ligne d’États menacés de faillite, il y en a une seconde dont ferait partie la France. La Grèce ne serait donc qu’une hirondelle annonçant, non pas le printemps, mais plutôt une tempête hivernale sur le monde financier et sur l’économie mondiale !

C’est pour voler au secours des banquiers que les États ont aggravé leur endettement. C’est auprès des banquiers qu’ils cherchent à emprunter pour combler les trous de leur budget. Et les banquiers prêtent bien volontiers... moyennant intérêts. Ce qui est une dette pour les États et une raison de pressurer davantage leur population est une source de profit pour les capitalistes qui prêtent.

Sarkozy vient d’annoncer comme une grande réalisation le grand emprunt de 35 milliards d’euros. Mais cela enchaîne un peu plus encore le budget de l’État à l’intérêt des banquiers. “Cela permettra de financer la recherche”, ose-t-il se vanter. Mais ce serait au budget de l’État de financer la recherche... s’il n’était pas vidé pour aider les banquiers !

Le remboursement de la dette publique est déjà le deuxième poste de dépense du budget. Plus il y a d’argent à verser aux banquiers, moins il en reste pour les écoles, les hôpitaux, les transports publics ou la recherche.

Entre les financiers et les services publics, il faut choisir : la France, comme tous les grands États, a choisi les financiers.

Voilà pourquoi tous les services publics se dégradent. Voilà pourquoi on ne veut pas remplacer un agent du service public sur deux partant à la retraite alors, pourtant, que le nombre de chômeurs ne cesse d’augmenter ! Voilà pourquoi le gouvernement est en train de privatiser La Poste.

Et voici que l’endettement lui-même devient un nouveau terrain pour la spéculation. Tout en reprochant à la Grèce d’être au bord de la faillite, tous les spéculateurs spéculent contre ce pays. Ils donnent ainsi à un État au bord du précipice la poussée qui le fera définitivement tomber.

La seule médication proposée par les institutions du monde financier pour empêcher la faillite de l’État grec est qu’il fasse encore des économies, qu’il s’engage dans une politique d’austérité draconienne, c’est-à-dire qu’il s’en prenne encore plus aux classes exploitées et rende leur vie encore plus difficile pour que la finance continue à prospérer.

Le pillage financier avec la complicité de l’État complète le durcissement de l’exploitation dans les entreprises. Mais c’est toujours au profit du même grand capital. Ce sont les mêmes grands bourgeois qui répartissent leur argent entre l’industrie et la finance, avec une préférence croissante pour cette dernière.

Regardons la Grèce car il y a là la préfiguration de ce qui nous attend ici, en France. La crise a déjà coûté très cher aux classes exploitées. Elle coûtera toujours plus cher dans les mois qui viennent. A moins qu’une explosion sociale puissante casse cette mécanique bien huilée.

Arlette Laguiller

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vendredi 11 décembre 2009

Sommet de Copenhague : Ils vont parler, ils vont parler... c'est tout ce qu'ils vont faire !

Sommet de Copenhague

Pendant une douzaine de jours, la conférence sur le réchauffement climatique qui s'est ouverte le 7 décembre à Copenhague va être au centre de l'actualité. Pour la presse, c'est un sujet suffisamment porteur d'angoisses sur l'avenir pour permettre de vendre du papier. Pour les hommes politiques, c'est un thème qui permet de faire passer au second plan la crise économique, la montée incessante du chômage, la progression de la misère, y compris dans les pays les plus riches de la planète.

Plus de cent chefs d'État seront présents, à un moment ou un autre. Et ils vont faire des efforts pour sauver la planète : « À l'intérieur du centre, pas de bouteille d'eau minérale : les assoiffés devront se contenter de l'eau du robinet, servie dans des verres recyclables », nous informe par exemple le journal Libération. Mais, à supposer qu'ils boivent vraiment de l'eau, que vont-ils décider ?

Copenhague n'est pas le premier forum du genre. Avant lui il y en a eu bien d'autres : le sommet de Rio en 1992, celui de Kyoto en 1997, celui de Johannesburg en 2002, celui de Poznan en 2008, dont ne sont sortis que des discours, ou des engagements... qui n'engagent vraiment personne.

Le problème est pourtant bien réel. Quelle que soit la part des phénomènes naturels et celle des activités humaines dans le changement climatique actuel, il a déjà des effets catastrophiques sur toute une partie de l'Afrique, et risque dans les décennies à venir de poser des problèmes majeurs, par la montée des eaux, à tous ceux qui vivent à une altitude voisine de celle du niveau actuel des mers.

Mais ce n'est pas cela qui peut émouvoir les maîtres de l'économie mondiale. Leurs spéculations financières ont précipité le monde dans une crise économique telle qu'on n'en avait pas vu depuis quatre-vingts ans. Non seulement, ils ont pris ce risque mais, après l'explosion de cette crise, alors que de par le monde des millions de personnes ont perdu leur emploi, leur maison, sombrent dans la misère, ils continuent à spéculer comme si de rien n'était avec les milliards que leur versent généreusement les États sous prétexte de « sauver » l'économie.

Comment croire que les industriels qui polluent sans se soucier des conséquences puissent changer de comportement dans l'intérêt commun pour limiter le réchauffement climatique ? Comment croire que les États qui les laissent faire vont leur imposer des mesures que les maîtres de l'industrie et de la finance estimeraient contraires à leurs intérêts ?

Oh, ils ne vont pas être avares de bonnes paroles... ni de demandes de subventions, qui sous le prétexte de fabriquer des voitures plus propres, qui sous celui de mettre sur le marché des carburants moins polluants, ou encore d'étudier de nouvelles sources d'énergie.

Mais quand on voit comment le Brésil, cité par Sarkozy comme un pays modèle, détruit des milliers d'hectares de forêt pour que des grandes sociétés puissent y développer des cultures destinées, non pas à nourrir sa population pauvre, mais à fabriquer des carburants d'origine végétale, on voit ce que cherchent ces gens-là : uniquement des sources de profit.

Ce n'est pas étonnant dans ce système économique qui repose sur la recherche du plus grand profit possible : la recherche du profit, non pas pour la société, mais pour une infime minorité au détriment de la grande majorité de la population.

C'est pourquoi la lutte contre les conséquences de la crise climatique, comme la lutte contre les conséquences de la crise économique, ne sera vraiment efficace que si on arrache à la petite minorité de possédants, qui exploitent le travail des travailleurs et qui pillent le monde dans leur seul intérêt, le pouvoir de faire ce qu'ils veulent, où ils veulent, quand ils veulent.

En un mot, que si on remet en cause le système capitaliste.

Arlette LAGUILLER

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jeudi 15 octobre 2009

Empêcher les banquiers et le grand patronat de nuire

Pendant que les dirigeants politiques nous abreuvent de mensonges sur l’amélioration de la situation économique, la crise de l’économie capitaliste continue et s’aggrave. Seules montrent des signes de reprise les activités boursières et financières et, derrière elles, la spéculation. Mais qui peut s’en réjouir, en dehors des propriétaires d’actions et de ceux qui ont de l’argent pour spéculer ?

Certainement pas ceux qui sont poussés vers le chômage par la multiplication des entreprises qui ferment ! Certainement pas ceux qui conservent encore leur travail mais ne savent pas pour combien de temps et dont le pouvoir d’achat est écrasé par le blocage des salaires, par les périodes de chômage partiel, sans parler des prélèvements en hausse, celle du forfait hospitalier étant la dernière en date ! La reprise de la spéculation, alors que les investissements productifs créateurs d’emplois reculent, annonce de nouveaux coups contre les travailleurs. L’argent facile de la spéculation vient d’une manière ou d’une autre d’une aggravation de l’exploitation.

La hausse du prix des actions en Bourse signifie que les marchés financiers parient sur autant et plus de profits malgré la stagnation, voire le recul de la production. Ce que les capitalistes n’obtiennent pas en produisant et en vendant plus, ils l’extorquent en imposant plus de travail à moins de travailleurs, plus mal payés. La contrepartie du maintien de leurs profits, c’est le licenciement pour les uns et plus de travail pour ceux qui restent. C’est aussi des services publics privés de financement afin de réserver les caisses de l’Etat aux banquiers et aux patrons de l’industrie.

La classe capitaliste mène une véritable guerre contre les classes populaires afin de sauver ses profits malgré la crise. Les conséquences de cette guerre sont désastreuses pour le monde du travail, comme pour toute la société. Mais il serait vain d’espérer qu’elle s’arrêtera toute seule. Et laisser espérer que cela pourrait cesser avec la victoire électorale d’une coalition des partis de gauche, avec ou sans le Parti socialiste, avec un “bon” programme électoral, c’est tromper le monde. C’est dévoyer la seule force capable de s’opposer à la machine de guerre patronale : l’ensemble des salariés en lutte.

Les travailleurs ne sont pas encore prêts à engager le combat contre le grand patronat ? C’est incontestable aujourd’hui, mais cela peut et doit changer demain. C’est en tout cas la seule perspective pour le monde du travail. Et tous ceux qui font miroiter d’autres espoirs, électoraux ou non, sont des charlatans.

On peut organiser tant qu’on veut des “forums-débats” ou des “ateliers de discussions” pour inventer une “politique alternative”, tout cela n’est, au mieux, que des mots creux agités pour éluder l’essentiel : s’ils veulent arrêter la dégradation de leur sort, les travailleurs doivent se donner les moyens de contester à la classe capitaliste son pouvoir absolu sur l’économie et la société.

Étant donné la montée dramatique du chômage, le premier pas dans ce sens sera d’imposer aux capitalistes l’interdiction des licenciements économiques et des fermetures d’entreprises. Il n’y aurait pas de travail pour tout le monde ? Alors il faut répartir le travail entre tous sans diminution de salaire.

La crise actuelle et ses conséquences catastrophiques pour les exploités montrent que la classe dirigeante est incapable de diriger l’économie. Sa gestion de la crise se traduit par un scandaleux étalage d’argent facile pour une minorité et, en même temps, par le retour en force de la pauvreté, des usines qui ferment, des machines qui rouillent et des compétences laissées en friche. La seule perspective pour les exploités, la seule “politique alternative”, c’est de soumettre les entreprises et les banques au contrôle de la population.

Cela semble aujourd’hui utopique ? Cela l’est certainement moins que de demander aux patrons, aux actionnaires, aux banquiers, de cesser d’agir en fonction de leur seul profit et de bien vouloir mener une politique industrielle créatrice d’emplois.

Les coups que les patrons et le gouvernement nous portent finiront par convaincre les plus hésitants qu’il faut agir si nous ne voulons pas être enfoncés dans la misère. Il faudra alors imposer au patronat et aux banquiers des mesures aptes à les empêcher de nuire.

Arlette Laguiller

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mardi 15 septembre 2009

imposer le contrôle des classes populaires sur les entreprises et les banques

Une autre politique industrielle, c’est imposer le contrôle des classes populaires sur les entreprises et les banques

La Fête de L’Humanité, toujours la plus grande fête populaire, a été l’occasion de nombreux débats politiques. “Comment créer un avenir à l’industrie française ?” était l’un des débats vedettes, auquel ont participé, outre un dirigeant syndical, un grand patron de la métallurgie et un banquier. Le choix des participants était déjà une orientation qui éclaire la revendication d’une “autre politique industrielle” souvent mise en avant comme un moyen de préserver les emplois et d’éviter les licenciements. À coup sûr, la crise économique et l’attitude du grand patronat comme des Etats face à la crise sont désastreuses pour l’économie et pour la société.

Désastreuses pour les travailleurs mis à la porte par les licenciements et les fermetures d’entreprises, poussés vers le chômage puis la misère. Désastreuse aussi pour l’ensemble de la société. Fermer des usines qui produisent des biens utiles, voire indispensables, mettre en friche des savoirs et des compétences alors qu’il y a tant de besoins à satisfaire, est une des conséquences les plus catastrophiques d’une organisation économique basée sur le marché et la recherche de profit privé.

Qui peut croire cependant qu’il suffit de demander aux dirigeants d’avoir une autre politique ? Et qui peut croire surtout qu’il suffit de le demander aux véritables maîtres de l’économie, ceux qui en monopolisant le capital exercent une dictature absolue sur l’économie ? Depuis un an que la crise financière a éclaté au grand jour avec la faillite de la banque américaine Lehmann Brothers, on a vu les Etats déverser des centaines de milliards pour venir au secours des banquiers en leur offrant en outre du crédit pratiquement gratuit et pour ainsi dire illimité.

S’en servent-ils pour relancer la consommation populaire ? Que non ! S’en servent-ils pour financer des investissements productifs ? Que non ! Et les grands patrons de l’industrie eux-mêmes se servent-ils des sommes qu’ils ont touchées de la part de l’Etat pour accroître le nombre d’emplois ? Que non !

Tout cet argent continue à servir surtout à la spéculation. Et même si politiciens et commentateurs s’extasient sur un début de reprise, cela ne signifie une reprise que pour les profits boursiers et pour les grandes opérations spéculatives. Mais les entreprises continuent à licencier et le chômage à augmenter !

Alors, parler de “politique industrielle” sans affirmer en même temps qu’il faut l’imposer à la classe capitaliste est, au mieux, parler pour ne rien dire. Défendre les usines, ce n’est pas défendre leurs propriétaires capitalistes ou en chercher d’autres. Ce sont eux qui démolissent l’industrie en consacrant les capitaux aux opérations financières plus profitables.

Une “politique industrielle” pour préserver les emplois, c’est l’interdiction des licenciements collectifs et des fermetures d’entreprises sous peine d’expropriation. C’est la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire. C’est soumettre les entreprises et les banques au contrôle de la population et les obliger à investir dans la production de biens utiles à la société. C’est utopique ? Oui sans une mobilisation déterminée de la classe ouvrière et des classes populaires. Mais c’est moins utopique que de demander aux banquiers, aux actionnaires, de ne plus rechercher à maximiser leurs profits et de penser à l’intérêt de la société ! Autant demander du lait à un bouc...

Quant à brandir comme certains la revendication d’une “autre politique industrielle” pour l’opposer aux luttes concrètes, réelles, que mènent, dos au mur, les travailleurs des entreprises touchées par les licenciements et les fermetures, ce n’est pas seulement de l’utopie, c’est aussi une trahison.

Pour le moment, les travailleurs confrontés à la fermeture complète ou partielle de leur entreprise se trouvent dans un isolement dramatique. Mais ceux d’entre eux qui ont choisi la seule voie possible pour se défendre, celle de la lutte, ont montré que c’est elle qui paie, et pas la résignation.

Eh bien, disons-nous que c’est l’ensemble du monde du travail qui a le dos au mur avec, face à lui, tout le patronat que la crise rend plus avide encore ! C’est la violence même des attaques patronales qui nous en rendra tous conscients, comme elle nous rendra conscients que nous avons, tous ensemble, les moyens de nous défendre.

Arlette Laguiller

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jeudi 2 avril 2009

Derrière les serviteurs grassement payés, il y a les vrais maîtres de l’économie

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Le gouvernement a présenté ce lundi le décret encadrant les rémunérations des dirigeants d’entreprise. Oh, pour un PDG, il n’y a pas de quoi sauter par la fenêtre de son bureau car ses revenus restent quand même très confortables ! De plus, le décret ne concerne que les entreprises ayant bénéficié d’une aide directe officielle de l’Etat et ne s’applique que jusqu’en 2010. Mais, dans cette période de crise, où se multiplient les licenciements, où un nombre croissant de travailleurs perdent leur emploi et leur salaire et se retrouvent avec de dérisoires allocations de chômage avant d’en être réduits au RMI, les sommes extravagantes versées aux PDG licencieurs et aux banquiers faillis en guise de bonus, de stock-options et autres parachutes dorés, sont ressenties comme une provocation.

C’est cette indignation que Sarkozy et ses ministres essaient de détourner et de canaliser pour se faire passer pour des chevaliers blancs du combat contre les “excès” du patronat. Les dits “excès” n’étant pas les licenciements, l’écrasement des salaires des travailleurs, mais les émoluments trop élevés des PDG et des hauts cadres. Depuis quelques semaines, Sarkozy se livre avec Parisot, la présidente du Medef, à un véritable numéro de duettistes sur l’air de “je t’aime, moi non plus”, destiné à le faire passer, lui, avec ses amitiés patronales affichées, pour un justicier capable de s’en prendre aux patrons.

Toute cette agitation est relayée par les médias. Elle l’est aussi, à sa façon, par l’opposition socialiste qui se contente de discuter de l’étendue de l’encadrement des stock options et autres bonus ou de la durée de leur application. Mais ce n’est que de la poudre aux yeux.

La veille même de la présentation du décret gouvernemental, Streiff, futur ex-PDG du trust Peugeot-Citroën, a été démis de ses fonctions par le conseil de surveillance de la société, c’est-à-dire, pour l’essentiel, par la famille Peugeot. Cette décision, qui semble avoir surpris Streiff lui-même, montre qui sont les vrais maîtres de l’économie. Streiff et ses semblables ne sont que des serviteurs, grassement payés certes pour exécuter les basses oeuvres des actionnaires, mais sont quand même des serviteurs.

L’ex-PDG de Peugeot-Citroën ne sera pas pleuré par les milliers d’intérimaires dont il s’est débarrassé et qui se retrouvent aujourd’hui dans la galère.

Toute cette affaire montre que ceux que les travailleurs auront à combattre ne sont pas seulement ceux qui s’exposent en public, ni les dirigeants politiques, ni même les hauts cadres. Les uns comme les autres sont payés pour assumer les conséquences de la politique qu’ils sont chargés d’appliquer par ceux qui tirent les ficelles.

Et lorsque les travailleurs seront engagés dans une lutte plus ample, large, puissante, susceptible d’inverser le rapport de forces entre le patronat et les travailleurs et d’imposer des revendications immédiates, urgentes, comme le maintien des emplois par l’interdiction des licenciements et par la répartition du travail entre tous ou la hausse générale des salaires et des retraites, il faudra aussi qu’ils mettent en avant une exigence plus fondamentale, mettant réellement en cause le pouvoir absolu des actionnaires.

Cette exigence, c’est la levée du secret industriel et bancaire, la suppression du secret des affaires afin que les travailleurs aient la possibilité de contrôler et de rendre publique la comptabilité des entreprises. Il faut que tous ceux qui sont concernés par la stratégie d’une entreprise, par ses projets de suppression d’emplois ou de délocalisation, ses propres travailleurs, ses usagers, les consommateurs et la population puissent être informés pour avoir les moyens de réagir à temps.

L’ennemi du taureau dans l’arène n’est certainement pas la muleta qu’on brandit devant son museau, mais le torero qui est derrière et qui tient l’épée. Ceux dont les travailleurs ont à contester le pouvoir absolu sur les entreprises, ce ne sont pas les hommes de main, mais leurs maîtres, les gros actionnaires, les propriétaires, leurs conseils d’administration. Pouvoir dévoiler leur duplicité, c’est montrer qu’il est possible de faire payer la crise à ses véritables responsables, et pas aux travailleurs.

Arlette Laguiller

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samedi 14 mars 2009

Se préparer pour le 19 mars... et pour la suite indispensable

            

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“On va s’en sortir”, vient d’assurer la présidente du Medef Laurence Parisot en parlant de la crise. Mais, qui est ce “on” ? S’il s’agit du patronat, elle a toutes les raisons d’être optimiste. L’Etat fait tout ce qu’il faut pour cela. Mais quels sont les travailleurs qui pourraient partager cet optimisme ? Sûrement pas ceux qui sont déjà mis à la porte de leur entreprise et qui, en perdant leur salaire, ont perdu leur unique moyen d’existence. Pas plus ceux qui sont menacés de licenciement, la quasi-totalité des salariés !

Les grands patrons ont des raisons d’être optimistes. Ceux des plus grandes entreprises en premier lieu, celles du “CAC 40". Avec 54 milliards de profit, 2008, malgré la crise, a été une bonne année. Pour beaucoup d’entre elles, non seulement la crise n’est pas une catastrophe, mais une opportunité d’absorber d’autres entreprises plus vulnérables.

Quant aux autres, les banques qui sont en difficulté du fait de leurs propres spéculations, ou l’automobile, du fait que son marché s’écroule car les consommateurs des classes populaires n’ont pas de quoi se payer un véhicule, elles n’ont pas à s’en faire. Elles n’ont même pas à tendre la sébile pour que l’Etat vienne à leur rescousse.

Mais que les grandes entreprises s’en sortent malgré la crise ne signifie certainement pas que leurs travailleurs s’en sortent. C’est même l’inverse. Pour permettre aux grandes entreprises de s’en sortir, le grand patronat et le gouvernement sont en parfait accord pour prendre sur les classes populaires. Les aides de l’Etat aux entreprises sont accordées au détriment d’autres postes du budget. Plus d’argent pour les entreprises, c’est nécessairement moins d’argent pour les hôpitaux, pour les écoles, pour les transports, pour la protection sociale, pour les services publics utiles à tous.

Et, en quoi les travailleurs devraient-ils se réjouir qu’une entreprise garde ses profits si c’est en diminuant la masse salariale par le blocage des salaires, la diminution de ses effectifs ou le chômage partiel ?

La présidente du Medef ne sait pas plus que quiconque quelle sera l’évolution ultérieure de la crise. Ni plus ni moins que Fillon qui, au contraire, affirme : “La crise sera une crise longue, ce sera une crise dure”. Le problème des travailleurs n’est pas de spéculer sur la durée de la crise d’une économie imprévisible même pour ses profiteurs. Il est d’empêcher que la classe capitaliste et le gouvernement n’en fassent payer le prix aux classes populaires.

Il faut empêcher le patronat de compenser le recul de ses marchés par les licenciements. Il n’y a aucune raison, à part l’intérêt de classe de la bourgeoisie, qu’une entreprise qui vend moins licencie une partie de ses travailleurs. Ce n’est pas aux travailleurs, à leurs salaires, à leur emploi, c’est-à-dire à leur droit à la vie, de servir de “variable d’ajustement” par rapport aux fluctuations du marché. Il faut imposer la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire. Et pour financer cela, il faut prendre sur les profits présents ou passés. C’est là encore qu’on peut trouver l’argent pour les augmentations de salaire indispensables .

C’est impossible en période de crise, répètent tous les commentateurs dévoués aux riches. Mais ce n’est impossible que si l’on décrète qu’il ne faut toucher ni aux profits ni aux dividendes des actionnaires.

La classe capitaliste ne cédera pas de son plein gré. Il n’y a qu’à voir comment les patrons de Guadeloupe et de Martinique se battent bec et ongles pour éviter de payer les 200 euros d’augmentation revendiqués par la grève générale. Si, en Martinique, la grève continue car l’accord n’a pas été obtenu, en Guadeloupe, elle continue pour en imposer l’application.

Ce qui se passe aux Antilles ne peut pas se faire ici, affirment les bonnes âmes. Mais, ici aussi, en métropole, les seules fois où les travailleurs ont fait reculer le patronat et le gouvernement, c’est lorsqu’ils se sont lancés en grève générale, en 1936 et en 1968.

Alors, il faut, bien sûr, tout faire pour que la journée de grève et de manifestations du 19 mars, appelée par les syndicats, soit un succès. Mais il est plus important encore qu’elle soit suivie par d’autres journées de mobilisation jusqu’à ce qu’elles confluent dans la grève générale jusqu’à satisfaction.

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Arlette Laguiller

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vendredi 6 mars 2009

Le seul moyen de faire reculer patronat et gouvernement : la grève générale

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Les charlatans qui nous gouvernent répétaient encore il y a quelques jours qu’ils tablaient pour l’année en cours sur la croissance économique, faible certes mais croissance quand même. Eh bien, non, ce n’est pas une progression mais un franc recul, le pire depuis 1945 ! Du coup, le gouvernement le reconnaît mais en ajoutant que c’est encore pire chez les voisins.

C’est à voir, tant ils mentent comme des arracheurs de dents ! Mais, de toute façon, qu’est-ce que cela peut faire ce “moins pire que pire” pour les dizaines de milliers de licenciés qui sont venus s’ajouter à ceux qui sont au chômage depuis plus longtemps ? Qu’est-ce que cela peut faire pour les intérimaires mis à la porte sans même qu’ils soient comptabilisés comme licenciés ? Ou pour les travailleurs des entreprises sous-traitantes sur lesquelles les grandes entreprises de l’automobile rejettent leurs problèmes ? Qu’est-ce que cela peut faire pour les 1 100 travailleurs de Continental à Clairoix, dans l’Oise, menacés de la fermeture complète de leur usine ?

La crise est mondiale, répètent tous les dirigeants du monde, en manière d’excuse. Oh, le constat est incontestable ! Même la plus puissante économie du monde, les États-Unis, chancelle. Après la crise financière qui a ébranlé ses banques, voila la production industrielle qui s’effondre !

Et c’est pire encore dans les pays d’Europe de l’Est, menacés tout à la fois d’un effondrement de leur production et d’une faillite bancaire généralisée. Une faillite qui se répercutera en retour sur les banques d’Europe occidentale, propriétaires de la plupart des banques d’Europe de l’Est.

Alors oui, la crise est mondiale ! Les dirigeants politiques des pays capitalistes ne peuvent manifestement pas l’arrêter. Ils sont même incapables, un jour, de prévoir de quoi sera fait le lendemain.

Le capitalisme, c’est un système économique qui n’est pas seulement injuste parce que basé sur l’exploitation. Il est de plus incontrôlable, imprévisible, même pour ceux qui le dirigent et en profitent.

Mais ce qui n’est pas inévitable, c’est que les maîtres de l’économie, responsables de la crise, les groupes industriels et bancaires, parviennent à sauver leur mise, voire continuent à s’enrichir avec l’aide des États, au détriment des classes populaires.

On ne peut pas compter sur les gouvernements même seulement pour répartir un peu les sacrifices entre la classe capitaliste et les salariés. Ils sont corps et âme au service de la bourgeoisie possédante.

Si les travailleurs ne veulent pas payer les frais de la crise, il faut qu’ils imposent les revendications indispensables pour ne pas être poussés vers la misère et la déchéance.

La diminution de la production, par exemple, est un effet de la crise. Mais, en revanche, les licenciements peuvent être empêchés en imposant la répartition du travail entre tous sans diminution des salaires. Il y a de l’argent pour financer cela, à condition d’imposer que les profits présents ou passés soient consacrés à maintenir les emplois et à augmenter les salaires plutôt qu’à être distribués en dividendes aux actionnaires.

La grève générale en Guadeloupe et en Martinique montre qu’il faut beaucoup de courage et de détermination pour faire reculer le patronat et le gouvernement. Mais il n’y a pas d’autre voie. Le patronat ne lâchera rien sans être contraint et forcé. Il ne lâchera rien, sauf s’il craint de perdre bien plus que cela lui coûterait de satisfaire les revendications vitales du monde du travail destinées à préserver l’emploi et le pouvoir d’achat.

Il serait utopique de croire qu’il est possible d’imposer cela au patronat et au gouvernement sans une grève générale illimitée jusqu’à satisfaction des revendications avancées.

La journée de grève et de manifestation proposée par les directions syndicales pour le 19 mars ne sera considérée comme une menace par ceux qui dirigent l’économie et l’État qu’à condition qu’elle soit une nouvelle étape dans la mobilisation.

Le 19 mars doit être un succès, mais il faut surtout qu’il soit un tremplin pour des grèves de plus en plus massives jusqu’à ce qu’elles se rejoignent dans la grève générale.

Arlette Laguiller

Posté par beatlechris à 12:20 - - Editorial - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 18 février 2009

VIVE LA LUTTE DES TRAVAILLEURS DE GUADELOUPE ET DE MARTINIQUE !

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Les travailleurs de Guadeloupe entament leur cinquième semaine de grève générale. Ils ont été rejoints par leurs camarades de Martinique.

Jégo, le ministricule chargé de l’Outre-mer, qui, après avoir promis dans les négociations des augmentations de salaire, s’est dédit ensuite lamentablement, hausse aujourd’hui le ton. Il retrouve le langage habituel du patronat et du gouvernement sur ces grévistes qui “prennent la population en otage”. Dans cette situation, l’argument n’est pas seulement choquant, il est ridicule. La grève bénéficie du soutien de la quasi-totalité de la population, une minorité de profiteurs mis à part. Des manifestations de 20 000, 30 000, voire 60 000 personnes, se succèdent dans une Guadeloupe qui compte 450 000 habitants !

Les grévistes bénéficient de l’accord profond de tous car tous souffrent des prix élevés. Les prix, y compris ceux de la nourriture ou des produits les plus indispensables, sont supérieurs de 20 % à 50 % à ceux du continent où, pourtant, ils augmentent déjà de façon intolérable. Les responsables en sont identifiables. La plupart des grandes surfaces, l’industrie alimentaire locale, l’import-export sont entre les mains d’une douzaine de grandes familles qui sont en situation de monopole et qui rackettent littéralement la population avec la bénédiction des autorités étatiques. Ce sont les mêmes qui possèdent une grande partie des terres et qui, après s’être enrichies dans la production de la canne à sucre, continuent à s’enrichir avec celle de la banane.

Pour la plupart, ce sont des békés, c’est-à-dire ces descendants des anciens maîtres d’esclaves qui vivent dans un luxe inouï, dominent la vie sociale et qui ont des amitiés jusqu’aux sommets de l’Etat français.

Si la grève porte sur des revendications matérielles et, avant tout, sur une augmentation de salaire de 200 euros en Guadeloupe et de 300 euros en Martinique, c’est aussi une grève pour la dignité dans cette société antillaise où les femmes et les hommes qui sont d’origine africaine ou indienne constituent la partie la plus pauvre de la population : ouvriers, employés, chômeurs. En revanche, plus on monte dans l’échelle des richesses ou dans l’administration étatique, plus les places sont occupées par la minorité d’origine européenne.

Si cette lutte pour la dignité représente un aspect, oh combien légitime, de la lutte qui se déroule là-bas, ceux qui insistent sur les seuls aspects spécifiquement guadeloupéens ou martiniquais du mouvement en diminuent l’importance et la signification. Même la responsabilité des hausses de prix n’incombe pas aux seuls békés. À côté d’eux, au-dessus d’eux, il y a les grandes sociétés européennes ou françaises, parmi lesquelles Total. Cette entreprise, la plus riche et la plus puissante de France, contrôle totalement l’approvisionnement en pétrole des Antilles par l’intermédiaire d’une filiale. Or, rappelons-le, ce sont les prix du carburant qui ont été l’étincelle qui a allumé l’incendie social.

Alors, la lutte des travailleurs et de la population, contre les hausses de prix, c’est aussi la lutte contre ces grandes entreprises françaises qui les volent et qui les exploitent, mais qui nous volent et qui nous exploitent aussi ici.

Et puis, une minorité qui pille et exploite la majorité, c’est la Guadeloupe, c’est la Martinique, certes, mais c’est aussi la France continentale. Oh, sur le continent, il n’y a pas le poids d’un passé esclavagiste ! Et le luxe des grandes fortunes de France est plus caché encore que celui des békés. Malgré sa fortune de 300 millions d’euros, la plus riche famille béké n’arrive qu’à la 136ème place, bien loin des Bettencourt, Arnault, Pinault, Dassault, Lagardère, Bouygues, Bolloré, etc, qui exercent un pouvoir plus grand encore sur la société, sur l’Etat.

Les travailleurs de Guadeloupe et de Martinique ne montrent pas seulement l’exemple aux autres départements d’outre-mer. Ils le montrent à tous les travailleurs.

L’augmentation des salaires, l’arrêt des hausses de prix, pour lesquels ils se battent, concernent tous les travailleurs. C’est une partie de nous-mêmes qui a choisi la lutte et qui nous montre la voie. Il est de notre intérêt à tous, travailleurs de là-bas et ceux d’ici, que la lutte se propage à l’échelle de l’ensemble de la classe ouvrière car, alors, nous multiplions nos chances de changer le rapport de force entre exploiteurs et exploités.

Arlette Laguiller

Posté par beatlechris à 12:54 - - Editorial - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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