vendredi 6 mars 2009
Le seul moyen de faire reculer patronat et gouvernement : la grève générale
Les charlatans qui nous gouvernent répétaient encore il y a quelques
jours qu’ils tablaient pour l’année en cours sur la croissance
économique, faible certes mais croissance quand même. Eh bien, non, ce
n’est pas une progression mais un franc recul, le pire depuis 1945 ! Du
coup, le gouvernement le reconnaît mais en ajoutant que c’est encore
pire chez les voisins.
C’est
à voir, tant ils mentent comme des arracheurs de dents ! Mais, de toute
façon, qu’est-ce que cela peut faire ce “moins pire que pire” pour les
dizaines de milliers de licenciés qui sont venus s’ajouter à ceux qui
sont au chômage depuis plus longtemps ? Qu’est-ce que cela peut faire
pour les intérimaires mis à la porte sans même qu’ils soient
comptabilisés comme licenciés ? Ou pour les travailleurs des
entreprises sous-traitantes sur lesquelles les grandes entreprises de
l’automobile rejettent leurs problèmes ? Qu’est-ce que cela peut faire
pour les 1 100 travailleurs de Continental à Clairoix, dans l’Oise,
menacés de la fermeture complète de leur usine ?
La crise est
mondiale, répètent tous les dirigeants du monde, en manière d’excuse.
Oh, le constat est incontestable ! Même la plus puissante économie du
monde, les États-Unis, chancelle. Après la crise financière qui a
ébranlé ses banques, voila la production industrielle qui s’effondre !
Et
c’est pire encore dans les pays d’Europe de l’Est, menacés tout à la
fois d’un effondrement de leur production et d’une faillite bancaire
généralisée. Une faillite qui se répercutera en retour sur les banques
d’Europe occidentale, propriétaires de la plupart des banques d’Europe
de l’Est.
Alors oui, la crise est mondiale ! Les dirigeants
politiques des pays capitalistes ne peuvent manifestement pas
l’arrêter. Ils sont même incapables, un jour, de prévoir de quoi sera
fait le lendemain.
Le capitalisme, c’est un système économique
qui n’est pas seulement injuste parce que basé sur l’exploitation. Il
est de plus incontrôlable, imprévisible, même pour ceux qui le dirigent
et en profitent.
Mais ce qui n’est pas inévitable, c’est que les
maîtres de l’économie, responsables de la crise, les groupes
industriels et bancaires, parviennent à sauver leur mise, voire
continuent à s’enrichir avec l’aide des États, au détriment des classes
populaires.
On ne peut pas compter sur les gouvernements même
seulement pour répartir un peu les sacrifices entre la classe
capitaliste et les salariés. Ils sont corps et âme au service de la
bourgeoisie possédante.
Si les travailleurs ne veulent pas payer
les frais de la crise, il faut qu’ils imposent les revendications
indispensables pour ne pas être poussés vers la misère et la déchéance.
La
diminution de la production, par exemple, est un effet de la crise.
Mais, en revanche, les licenciements peuvent être empêchés en imposant
la répartition du travail entre tous sans diminution des salaires. Il y
a de l’argent pour financer cela, à condition d’imposer que les profits
présents ou passés soient consacrés à maintenir les emplois et à
augmenter les salaires plutôt qu’à être distribués en dividendes aux
actionnaires.
La grève générale en Guadeloupe et en Martinique
montre qu’il faut beaucoup de courage et de détermination pour faire
reculer le patronat et le gouvernement. Mais il n’y a pas d’autre voie.
Le patronat ne lâchera rien sans être contraint et forcé. Il ne lâchera
rien, sauf s’il craint de perdre bien plus que cela lui coûterait de
satisfaire les revendications vitales du monde du travail destinées à
préserver l’emploi et le pouvoir d’achat.
Il serait utopique de
croire qu’il est possible d’imposer cela au patronat et au gouvernement
sans une grève générale illimitée jusqu’à satisfaction des
revendications avancées.
La journée de grève et de manifestation
proposée par les directions syndicales pour le 19 mars ne sera
considérée comme une menace par ceux qui dirigent l’économie et l’État
qu’à condition qu’elle soit une nouvelle étape dans la mobilisation.
Le
19 mars doit être un succès, mais il faut surtout qu’il soit un
tremplin pour des grèves de plus en plus massives jusqu’à ce qu’elles
se rejoignent dans la grève générale.

Arlette Laguiller
Commentaires
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=290574&pid=12842928
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :




