vendredi 21 novembre 2008
Le PS en congrès : farce pas tranquille mais dérisoire
« Échec », « gâchis », « naufrage », voilà les mots qui reviennent chez
tous les commentateurs pour parler du congrès du Parti Socialiste à
Reims. Il est vrai qu'avec ses affrontements d'ambitions, ses
magouilles et ses coups fourrés, le PS a donné un spectacle peu
ragoûtant.
Que ceux qui se retrouvent dans la politique du PS soient démoralisés
par le visage offert par ce parti qui se pose en alternative à la
droite de Sarkozy, cela se comprend. Mais, du point de vue des
travailleurs, le congrès de Reims ne mérite ni tristesse ni joie, ni
même le moindre intérêt.
Ce parti porte encore, dans son étiquette de « socialiste », ses liens
passés avec le mouvement ouvrier, ses aspirations et ses idéaux. Il fut
un temps où il incarnait en effet l'idée qu'il faut
changer l'ordre social de fond en comble en renversant l'organisation
capitaliste de la société. Mais c'était il y a un siècle ! Le naufrage
du Parti Socialiste, ce n'est pas ce dérisoire congrès de
Reims, cela remonte à la Première Guerre mondiale où il a basculé du
côté de la bourgeoisie pour l'aider à envoyer des millions d'ouvriers
et de paysans mourir pour rien sur les champs de bataille
!
Depuis cette époque-là, même s'il continue à vouloir capter avec plus
ou moins de succès l'électorat ouvrier, ce parti a cessé de représenter
les intérêts du monde ouvrier. Et pour ne parler que des
trente dernières années, chaque fois que le PS a été porté à la tête de
l'État ou du gouvernement, il a gouverné au profit de la classe
capitaliste, sans même que son arrivée au pouvoir se traduise
par une rupture avec la politique antiouvrière menée.
Oh, le PS n'est pas identique à ses concurrents de droite ! Le cœur de
la bourgeoise penche du côté de la droite dont les hommes politiques,
Sarkozy en tête, sont non seulement les serviteurs
dévoués des riches, mais fiers de l'être. Mais la classe capitaliste a
vérifié en maintes occasions que non seulement elle n'a rien à craindre
du Parti Socialiste au gouvernement, flanqué ou non du
Parti Communiste, mais que le PS est plus apte que la droite à tromper
le monde du travail, à endormir sa méfiance. Le PS représente une
alternance gouvernementale, mais pas une alternative sociale
et politique.
Bien que les trois candidats à la direction du PS s'efforcent, dans
cette période de crise, de gauchir leur langage, d'évoquer les
problèmes des travailleurs, ils ne représentent que des clans
différents mais pas des politiques opposées.
Depuis longtemps le PS est partisan, comme les partis de droite, de
l'économie de marché, du capitalisme, de l'exploitation qui en est le
fondement. De ce capitalisme qui engendre aussi les
crises.
La conclusion qu'on peut en tirer est qu'il manque à la classe ouvrière
un parti qui soit réellement le sien, qui incarne ses intérêts de
classe face à la bourgeoisie, face aux possédants. Un parti
qui ne veuille pas seulement coller les rustines des interventions de
l'État sur l'économie capitaliste mais qui veuille renverser la
dictature du grand capital sur l'économie. Un parti qui ne se
contente pas de se poser, le temps d'une élection, en avocat du monde
du travail, ce que le PS n'est même plus, mais qui soit l'instrument
politique des combats de la classe ouvrière.
Avec l'aggravation brutale de la crise de l'économie capitaliste, le
grand patronat redoublera son offensive contre le monde du travail.
Les travailleurs auront à se défendre, et pas seulement sur le terrain
revendicatif, mais aussi sur le terrain politique. La précédente grande
crise de l'économie capitaliste, celle commencée par le
krach boursier de 1929, avait entraîné non seulement une hausse brutale
du chômage, un écroulement des salaires, la misère généralisée, même
dans les pays industriels les plus riches, mais aussi la
montée de l'extrême droite antiouvrière et la remise en cause des
libertés et des droits ouvriers les plus élémentaires. Pas plus que
dans le passé, ce n'est la gauche officielle, PS en tête, qui
nous en protégera.
La contre-offensive ne pourra venir, comme à l'époque, que d'en bas,
que d'une explosion sociale. Comment faire, quels objectifs se fixer
pour que cette explosion sociale empêche la bourgeoisie de
faire payer la crise de son économie aux travailleurs, voilà ce qui
compte pour l'avenir, et pas la pantalonnade à la tête du Parti
Socialiste.
Arlette LAGUILLER
jeudi 20 novembre 2008
Le 22 novembre, pour la défense de La Poste
Lutte Ouvrière apporte son soutien au mouvement collectif pour la défense du service public postal (organisations syndicales CGT, FO, CFDT, CFTC et Sud-PTT) et appelle à une mobilisation pour dire non à la privatisation de la Poste.
Les militants de LO seront présents a cette occasion sur les marchés de Laval (Gare et Cathédrale) pour un appel a la mobilisation
Le rassemblement est prévu
Samedi 22 novembre, 15h
place du 11 novembre (au jet d'eau)
Organisations membres du collectif:
Attac 53, ACPL (Association citoyenne du Pays de Loiron), UD-CGT, FAPT-CGT, FSU, Solidaires, Sud-PTT, CFTC-PTT, ADECR, MJC, MJS, LCR, Les Verts, MRC, NPA, PCF, PRG, PRS, PS
jeudi 6 novembre 2008
Obama élu, Bush désavoué, les travailleurs devront forcer les capitalistes à payer la crise

Ainsi donc, c'est Barack Obama qui a remporté l'élection présidentielle
américaine, et de loin. Les commentateurs, même ici en France, ne
cessent de répéter que l'événement est historique. Pour une
fois, ils sont au diapason avec les réactions d'enthousiasme et
d'espoir rapportées d'Amérique par les médias.
Et on comprend pourquoi l'élection à la tête de l'État du candidat du
Parti Démocrate, métis de père africain, est ressentie comme une
victoire par les Noirs américains, mais aussi par ceux d'origine
hispanique ou indienne qui se sentent opprimés ou exclus dans ce pays
où l'esclavage des Noirs n'a été aboli qu'en 1865, à la suite d'une
guerre civile sanglante et où, il y a une quarantaine d'années
encore, la ségrégation raciale était officielle dans plusieurs États.
On peut comprendre aussi pourquoi, après les années Bush, celles des
guerres d'Irak et d'Afghanistan, celle de la crise économique, rien que
ce changement-là puisse passer, aux yeux d'une majorité de
l'électorat, toutes origines confondues, pour une promesse de
changement dans bien d'autres domaines. Obama n'avait pas besoin de
promettre - et, d'ailleurs, il s'est bien gardé de faire des promesses
concrètes -, c'est sa personne elle-même qui passe pour une promesse.
On peut éprouver une certaine satisfaction à l'élection d'Obama car
elle signifie l'échec du camp qu'incarnait le duo McCain et sa très
réactionnaire colistière Palin, le camp du conservatisme social
et de la bigoterie affichée. C'est le désaveu de Bush et de sa
politique. Et la victoire massive d'Obama est, aussi, le signe que ce
ne sont pas les « beaufs » version américaine avec leurs préjugés
racistes qui dominent l'électorat.
Mais la satisfaction s'arrête là. Contrairement à son slogan électoral
qui promet le changement, Obama gouvernera, comme tous ses
prédécesseurs, en fonction des intérêts de la grande bourgeoisie
américaine. Comment imaginer que la puissante bourgeoisie américaine
qui domine non seulement les États-Unis mais aussi, à certains égards,
le monde entier, puisse jouer la défense de ses intérêts
politiques sur les aléas d'une élection ?
Pour être désignés comme les candidats officiels des deux seuls partis
dont sont issus les élus, McCain et Obama ont dû se faire accepter par
la classe dominante à travers une multitude de filtres
d'élections diverses. Et il fallait surtout avoir de l'argent, beaucoup
d'argent, pour mener campagne à l'échelle de cet immense pays, se payer
des pages dans la grande presse, des heures d'émissions
à la télévision et la radio.
Pour être sûre de gagner à tous les coups, la bourgeoisie a financé les
deux rivaux. Mais Obama a récolté bien plus d'argent encore que son
concurrent. À sa façon, la bourgeoisie américaine a voté,
avant même le scrutin, avec des billets verts en guise de bulletins de
vote. La chose est habituelle, et pas seulement aux États-Unis, mais
jamais les sommes en jeu n'ont été aussi gigantesques.
Si les grandes banques de Wall Street ont financé massivement Obama, ce
n'est pas seulement parce qu'elles ne le craignent pas. C'est aussi en
raison du crédit dont il bénéficie en particulier dans
la partie de la population durement frappée par la crise financière,
qu'il vaut mieux bercer d'illusions et endormir avec des paroles
doucereuses. Et Obama est plus à même de faire passer des mesures
d'austérité que ne l'était Bush.
La crise de l'économie capitaliste a déjà durement frappé les classes
populaires de ce pays. Deux millions de personnes, et sans doute plus,
incapables de payer les remboursements de leurs logements
aux banques, qui sont jetées à la rue. D'autres, ou les mêmes, qui ont
cotisé toute leur vie durant à des caisses de retraite privées menacées
aujourd'hui de faillite, n'auront rien sur leurs vieux
jours. Et les entreprises réduisent leurs effectifs les unes après les
autres ou ferment leurs usines, alors que les reportages télévisés ont
montré des quartiers populaires dans les villes
industrielles où le chômage dépasse déjà les 50 %.
Dans cette Amérique, le pays le plus riche du monde capitaliste, une
partie des classes populaires est poussée vers une misère aussi
effroyable que dans bien des pays pauvres. Malgré les espoirs
diffus qu'il suscite aujourd'hui, Obama ne les protégera pas demain.
Alors qu'il n'était encore que candidat, il a apporté, avec McCain, son
soutien au plan du président en place, Bush, qui a
accordé, comme Sarkozy ici, plusieurs centaines de milliards pour
sauver les banques et les banquiers de la crise qu'ils ont eux-mêmes
provoquée, sans accorder un seul centime à ceux qui sont
expulsés de leur logement, ni même un moratoire sur leurs dettes.
Aux États-Unis, comme ici en France, protéger les classes populaires de
la crise n'est possible qu'en s'en prenant à la classe capitaliste qui
en est responsable, à sa fortune accumulée. Obama ne le
fera pas, et il n'a jamais dit qu'il le ferait.
Ce que l'on peut souhaiter de mieux à la classe ouvrière américaine,
c'est que, quel qu'ait été son vote, elle ne se fasse pas trop
d'illusions sur le président élu, même et surtout s'il promet le
changement. « Il n'y a pas de sauveur suprême », cette phrase de
l'Internationale sonne aussi juste pour les travailleurs d'Amérique que
pour ceux de partout. Et, rappelons-le, la génération qui a
subi la plus grande crise du passé, celle commencée en 1929, a été
aussi celle qui a su réagir et mener les plus grandes luttes grévistes
que le mouvement ouvrier américain ait jamais menées.
Arlette Laguiller




