lundi 8 juin 2009
Sur les résultats des élections européennes
Le nombre record d’abstentions, surtout dans les quartiers populaires, est certainement l’aspect le plus remarquable de ces élections. C’est peu dire que les classes populaires n’attendent rien du Parlement européen, pas plus qu’elles n’ont eu envie de se déplacer pour cautionner les grands partis qui assument à tour de rôle la direction du gouvernement.
L’UMP arrive en tête, mais elle n’a pas de quoi pavoiser. Étant donné le nombre d’abstentions, ses 28 % représentent à peine 12 % de l’électorat.
Lorsque le parti gouvernemental affirme mener sa politique, favorable aux riches et désastreuse pour les classes populaires, au nom de la majorité de la population, c’est une escroquerie.
L’électorat populaire n’a pas voulu pour autant utiliser le vote P.S. pour marquer son opposition à Sarkozy, tant reste vif dans les classes populaires le souvenir des cinq ans de la Gauche plurielle au pouvoir, qui a gouverné au service des seuls possédants, et tant le Parti socialiste même dans l’opposition n’a rien à dire aux exploités. L’électorat socialiste lui-même s’est détourné de son parti pour se porter sur le vote écologiste.
Lutte Ouvrière remercie les électeurs qui ont voté pour ses listes.
Nos scores sont modestes mais témoignent de la permanence d’un courant qui se retrouve dans les idées défendues par Lutte Ouvrière. Et, si le poids de cet électorat est faible dans les urnes, il représente des dizaines de milliers de salariés qui pourront peser dans les futures luttes sociales.
Les élections européennes constituent un épiphénomène dans une période où les classes populaires subissent des attaques, redoublées par la crise, de la part du grand patronat et du gouvernement.
Les salariés, les classes populaires n’accepteront certainement pas d’être lanternés jusqu’aux prochaines échéances électorales alors que les licenciements se multiplient, que le pouvoir d’achat s’écroule, et que le monde du travail est poussé vers la pauvreté.
La crise elle-même, l’avidité de la classe capitaliste les pousseront à se défendre par le seul moyen efficace : la lutte collective.
Nathalie Arthaud
Arlette Laguiller
mardi 28 avril 2009
1er mai
Lutte Ouvrière appelle à participer nombreux aux manifestations du 1er mai.
Lutte Ouvrière donne rendez-vous à tous ses camarades et amis devant la salle polyvalente, place de Hercé, a partir de 11h
jeudi 2 avril 2009
Derrière les serviteurs grassement payés, il y a les vrais maîtres de l’économie
Le gouvernement a présenté ce lundi le décret encadrant les rémunérations des dirigeants d’entreprise. Oh, pour un PDG, il n’y a pas de quoi sauter par la fenêtre de son bureau car ses revenus restent quand même très confortables ! De plus, le décret ne concerne que les entreprises ayant bénéficié d’une aide directe officielle de l’Etat et ne s’applique que jusqu’en 2010. Mais, dans cette période de crise, où se multiplient les licenciements, où un nombre croissant de travailleurs perdent leur emploi et leur salaire et se retrouvent avec de dérisoires allocations de chômage avant d’en être réduits au RMI, les sommes extravagantes versées aux PDG licencieurs et aux banquiers faillis en guise de bonus, de stock-options et autres parachutes dorés, sont ressenties comme une provocation.
C’est cette indignation que Sarkozy et ses ministres essaient de détourner et de canaliser pour se faire passer pour des chevaliers blancs du combat contre les “excès” du patronat. Les dits “excès” n’étant pas les licenciements, l’écrasement des salaires des travailleurs, mais les émoluments trop élevés des PDG et des hauts cadres. Depuis quelques semaines, Sarkozy se livre avec Parisot, la présidente du Medef, à un véritable numéro de duettistes sur l’air de “je t’aime, moi non plus”, destiné à le faire passer, lui, avec ses amitiés patronales affichées, pour un justicier capable de s’en prendre aux patrons.
Toute cette agitation est relayée par les médias. Elle l’est aussi, à sa façon, par l’opposition socialiste qui se contente de discuter de l’étendue de l’encadrement des stock options et autres bonus ou de la durée de leur application. Mais ce n’est que de la poudre aux yeux.
La veille même de la présentation du décret gouvernemental, Streiff, futur ex-PDG du trust Peugeot-Citroën, a été démis de ses fonctions par le conseil de surveillance de la société, c’est-à-dire, pour l’essentiel, par la famille Peugeot. Cette décision, qui semble avoir surpris Streiff lui-même, montre qui sont les vrais maîtres de l’économie. Streiff et ses semblables ne sont que des serviteurs, grassement payés certes pour exécuter les basses oeuvres des actionnaires, mais sont quand même des serviteurs.
L’ex-PDG de Peugeot-Citroën ne sera pas pleuré par les milliers d’intérimaires dont il s’est débarrassé et qui se retrouvent aujourd’hui dans la galère.
Toute cette affaire montre que ceux que les travailleurs auront à combattre ne sont pas seulement ceux qui s’exposent en public, ni les dirigeants politiques, ni même les hauts cadres. Les uns comme les autres sont payés pour assumer les conséquences de la politique qu’ils sont chargés d’appliquer par ceux qui tirent les ficelles.
Et lorsque les travailleurs seront engagés dans une lutte plus ample, large, puissante, susceptible d’inverser le rapport de forces entre le patronat et les travailleurs et d’imposer des revendications immédiates, urgentes, comme le maintien des emplois par l’interdiction des licenciements et par la répartition du travail entre tous ou la hausse générale des salaires et des retraites, il faudra aussi qu’ils mettent en avant une exigence plus fondamentale, mettant réellement en cause le pouvoir absolu des actionnaires.
Cette exigence, c’est la levée du secret industriel et bancaire, la suppression du secret des affaires afin que les travailleurs aient la possibilité de contrôler et de rendre publique la comptabilité des entreprises. Il faut que tous ceux qui sont concernés par la stratégie d’une entreprise, par ses projets de suppression d’emplois ou de délocalisation, ses propres travailleurs, ses usagers, les consommateurs et la population puissent être informés pour avoir les moyens de réagir à temps.
L’ennemi du taureau dans l’arène n’est certainement pas la muleta qu’on brandit devant son museau, mais le torero qui est derrière et qui tient l’épée. Ceux dont les travailleurs ont à contester le pouvoir absolu sur les entreprises, ce ne sont pas les hommes de main, mais leurs maîtres, les gros actionnaires, les propriétaires, leurs conseils d’administration. Pouvoir dévoiler leur duplicité, c’est montrer qu’il est possible de faire payer la crise à ses véritables responsables, et pas aux travailleurs.

Arlette Laguiller





